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5 oct.
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Episode 46 : Histoire de l'école


L'école de la république

Après la chute de l'Empire romain, ce sont les moines et le clergé qui préservent le savoir. Dans les monastères, on copie des manuscrits à la main, on enseigne le latin, la religion et un peu de calcul. Au IXᵉ siècle, Charlemagne encourage la création d'écoles auprès des cathédrales et des monastères : l'idée que l'instruction est utile au royaume fait son chemin.


À Paris, l'école cathédrale de Notre-Dame et les écoles de la montagne Sainte-Geneviève attirent peu à peu des maîtres et des étudiants venus de toute l'Europe. De ce foisonnement naît, au début du XIIIᵉ siècle, l'Université de Paris, dont le quartier Latin garde aujourd'hui le souvenir : on y parlait latin dans les rues et dans les salles de cours. Des collèges comme celui de la Sorbonne, fondé vers 1257, y logent et instruisent les étudiants.


Mais pour la grande majorité des enfants, l'école reste hors de portée. Les enfants de paysans et d'artisans apprennent surtout le métier de leurs parents, ou celui d'un maître chez qui ils sont placés comme apprentis. L'instruction se fait par l'observation et la pratique, pas dans une salle de classe.


Au milieu du XVᵉ siècle, Johannes Gutenberg met au point l'imprimerie à caractères mobiles. Avant lui, un livre était un objet rare et coûteux, copié à la main pendant des mois. Désormais, les ouvrages peuvent être produits plus vite, en plus grand nombre et à moindre prix.


Paris devient rapidement un centre majeur de l'imprimerie, avec les premiers ateliers installés à la Sorbonne dès 1470. Les livres circulent, les idées aussi, et le besoin de savoir lire grandit. Cette révolution ne rend pas l'école accessible à tous du jour au lendemain, mais elle prépare le terrain : lire devient utile, voire nécessaire, pour une part toujours plus large de la population.

Jean-Baptiste de La Salle et les écoles chrétiennes

À la fin du XVIIᵉ siècle, un prêtre rémois, Jean-Baptiste de La Salle, s'intéresse au sort des enfants pauvres, qui n'ont aucun accès à l'instruction. Il fonde les Frères des écoles chrétiennes et ouvre des écoles gratuites, notamment à Paris.

Il invente aussi des méthodes d'enseignement novatrices pour l'époque : on enseigne en français plutôt qu'en latin, et surtout on regroupe les élèves en classes selon leur niveau, au lieu de s'occuper d'eux un par un. L'organisation de la classe moderne doit beaucoup à ces idées.


En 1789, la Révolution bouleverse l'ordre ancien et pose une idée neuve : l'instruction est un besoin de tous et doit être organisée par la nation. Des projets ambitieux sont débattus, portés par des figures comme Condorcet, qui plaide pour une instruction publique ouverte à tous, filles et garçons.

Les moyens manquent cependant, et ces projets restent largement inachevés. Mais le principe est posé : l'éducation relève de la responsabilité de l'État. Il faudra encore près d'un siècle pour qu'il se concrétise pleinement.


Au fil du XIXᵉ siècle, l'État structure progressivement l'enseignement. La loi Guizot de 1833 oblige chaque commune à ouvrir une école primaire de garçons. La loi Falloux de 1850 encourage la création d'écoles pour les filles, et en 1867, la loi Duruy étend cette obligation aux communes de plus de 500 habitants. L'école se répand, mais elle reste payante pour beaucoup de familles et n'est pas obligatoire.

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Tout change dans les années 1880. Sous l'impulsion de Jules Ferry, ministre de l'Instruction publique, une série de lois bouleverse l'école primaire :

  • 1881 : l'école devient gratuite. Plus aucun parent n'a à payer pour que son enfant fréquente l'école publique.

  • 1882 : l'école devient obligatoire, pour les filles comme pour les garçons, de 6 à 13 ans, et laïque : l'instruction religieuse quitte les programmes et laisse place à l'instruction morale et civique.


Ces lois donnent naissance à l'image que beaucoup d'entre nous gardent de l'école d'autrefois : les « hussards noirs de la République », les blouses grises, la plume et l'encrier, la dictée et le certificat d'études. Paris se couvre d'écoles communales, dont beaucoup de bâtiments en brique et en pierre de taille sont encore visibles aujourd'hui dans tous les arrondissements, avec leurs frontons « École de garçons » et « École de filles » parfois toujours gravés.


L'histoire de l'école, c'est celle d'une lente conquête : celle de l'accès au savoir pour tous les enfants, quels que soient leur milieu, leur sexe ou leur fortune. Des moines copistes aux instituteurs de la IIIᵉ République, chaque étape a élargi le cercle de ceux qui peuvent apprendre. Et Paris, avec son université, ses imprimeurs et ses écoles communales, en a été l'un des principaux théâtres.







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