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il y a 2 jours
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Episode 45 : Les enceintes de Paris : 800 ans de murs pour raconter une ville


Paris n'a pas toujours été la ville ouverte que l'on arpente aujourd'hui. Pendant huit siècles, elle s'est ceinturée de murs pour se protéger, se taxer ou se défendre, avant de les abattre un à un. Pourtant, les enceintes de Paris n'ont pas disparu : elles se lisent encore dans le plan des rues, dans les noms de places, et dans quelques pierres miraculeusement conservées.


Le enceintes de Paris

En 1190, avant de partir en croisade, le roi Philippe Auguste fait édifier un rempart pour protéger sa capitale en son absence. Long d'environ 5 kilomètres, flanqué de tours et percé de portes, ce mur de Philippe Auguste enserre les deux rives de la Seine, et le Louvre n'est alors qu'une forteresse défendant l'ouest de la ville.





Où en voir les vestiges ?

  • Rue des Jardins-Saint-Paul, dans le Marais : un long pan de mur et des tours encore debout.

  • Rue Clovis, près du Panthéon : un fragment sur la rive gauche.

  • Crypte archéologique du Louvre : les fondations de la forteresse médiévale.

  • Cour du Commerce Saint-André : une tour dissimulée dans une cour pavée.


Au XIVe siècle, en pleine guerre de Cent Ans, Paris déborde. La nouvelle enceinte de Paris est achevée sous Charles V et protège surtout la rive droite, qui s'est fortement développée. Son point fort est la Bastille, forteresse qui garde la porte Saint-Antoine et qui deviendra bien plus tard le symbole que l'on sait.

Peu de vestiges en subsistent, mais son tracé se devine encore dans les grands boulevards, installés plus tard à son emplacement.


Dans les années 1780, la fonction change : il ne s'agit plus de défendre Paris mais de taxer les marchandises qui y entrent. Le mur des Fermiers généraux fait environ 24 kilomètres. L'architecte Claude-Nicolas Ledoux dessine des bureaux d'octroi monumentaux, les « barrières », que les Parisiens détestent. Une formule de l'époque dit tout : « Le mur murant Paris rend Paris murmurant. »


Ce qu'il en reste à voir :

  • La Rotonde de la Villette, place de Stalingrad.

  • Les pavillons de la place Denfert-Rochereau.

  • Les colonnes du Trône, place de la Nation.

  • La Rotonde du parc Monceau, un joyau souvent ignoré.


Construite entre 1840 et 1846, l'enceinte de Thiers est la dernière grande fortification de Paris. Longue d'une trentaine de kilomètres, dotée de bastions et d'un large fossé, elle repose sur une zone non constructible qui deviendra « la Zone », territoire de chiffonniers et de baraques. Les murs sont déclassés après la Première Guerre mondiale, puis démolis. À leur place s'installent des habitations à bon marché, la Cité universitaire, les boulevards des Maréchaux et, plus tard, le boulevard périphérique.


Les enceintes de Paris racontent l'état d'esprit de plusieurs époques : se protéger, se contrôler, puis se libérer. Elles expliquent pourquoi tant de noms de portes (Porte de Clignancourt, Porte d'Orléans…) désignent aujourd'hui des carrefours sans porte, et pourquoi la capitale a la forme qu'on lui connaît.






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